Numéro 1
Open Access

cOAlition S

« Il n’y a pas de raison que les scientifiques fassent une cession exclusive gratuite de leurs œuvres aux éditeurs ». Cette phrase n’est pas sortie de la bouche du petit frère de Lawrence Lessig ou d’Aaron Swartz, mais de celle d’Alain Schuhl, membre de la direction générale déléguée à la science du CNRS, le Centre National de la Recherche Scientifique français, l’équivalent de nos FRS/FNRS (FWB) et du FWO (Flandre).

En effet, le CNRS, en tant que membre de l’ANR (Agence Nationale de la Recherche) a rejoint la cOAlition S, un consortium international de centres de recherche et d’organismes de financement publics et privés, qui invite désormais les chercheureuses à apposer la licence « CC Creative Commons
CC
Creative Commons (CC) est une association à but non lucratif dont la finalité est de proposer une solution alternative légale aux personnes souhaitant libérer leurs œuvres des droits de propriété intellectuelle standard de leur pays, jugés trop restrictifs. L’organisation a créé plusieurs licences, connues sous le nom de licences Creative Commons. Ces licences, selon leur choix, ne protègent aucun ou seulement quelques droits relatifs aux œuvres. Le droit d’auteur (ou « copyright » dans les pays du Commonwealth et aux États-Unis) est plus restrictif. (Wikipédia)
-BY 4.0 »
sur leurs contributions soumises aux revues scientifiques à comité de lecture, autorisant ainsi la citation et la redistribution de leurs travaux sans aucune aliénation de leur droit d’auteurice. Par cette procédure, la licence est d’application dès la remise de leur texte et lors du processus de relecture et validation, cela avant même la publication de la version finale de leur recherche (une étape appelée le MAA (manuscrit auteur accepté)).

L’étape suivante de ce processus est pour les chercheureuses de publier leurs travaux sur des portails d’archives ouvertes. Le but : limiter l’accaparement des recherches par les seules maisons d’édition et permettre l’accès ouvert à des travaux souvent financés sur fonds publics.

En effet, de nombreuses revues exigent non seulement l’exclusivité de publication mais interdisent aussi aux chercheureuses de réutiliser leurs propres contenus. Et c’est sans parler des prix exorbitants de certaines de ces revues.

Évidemment, les maisons d’édition n’accueillent pas ces initiatives à bras ouverts et contribuent à semer le trouble dans l’esprit des chercheureuses, en faisant pression pour le retrait de leurs articles des archives ouvertes (ce qu’ils et elles ne peuvent pas faire) ou d’autres stratégies sibyllines. Selon Alain Schuhl, dans de pareilles situations « la cOAlition S vous invite à changer de revue, et a minima à le faire savoir publiquement :“name and shame”. »

https://www.cnrs.fr/fr/cnrsinfo/il-ny-pas-de-raison-que-les-scientifiques-fassent-une-cession-exclusive-gratuite-de-leurs

En lien dans curseurs

M.I.T. open access

Le développement d’internet a offert des possibilités de diffusion 
et d’accès libre au savoir qui n’étaient pas connues précédemment. Celles-ci (…)

Des Livres en Communs

Issu de la galaxie Framasoft, Des Livres en Communs (qui prend la suite de framabook) marque une nouvelle étape dans le monde francophone de (…)