Dès le Covid et l’enseignement en distanciel
Lorsque l’épidémie de Covid est arrivée, Belnet (fournisseur d’accès à Internet pour les écoles et les institutions publiques) a mis en ligne un service « Jitsi », un logiciel libre permettant des visioconférences mais ne disposant pas de toutes les fonctionnalités qu’un logiciel comme Teams, édité par Microsoft, peut avoir. Jitsi marchait bien pour des contacts instantanés : on pouvait envoyer un lien,
se connecter, et le ou la prof pouvait parler à ses élèves. Mais finalement, dans l’urgence, tout le monde est passé sur Teams.
Dans notre école, nous avions déjà un « Moodle », une plateforme d’enseignement en logiciel libre, hébergée par l’école. Celle-ci ne permettait pas de donner cours à une classe en temps réel mais possédait des fonctionnalités qui n’existaient pas dans Teams (gestion des devoirs, réalisation des exercices). Dans un premier temps donc, l’enseignement a fonctionné de manière hybride, avec Teams pour les visios et Moodle pour les supports de cours.
Une avance technologique difficile à concurrencer
Par la suite, Microsoft s’est vraiment emparé de la question et Teams a été développé pour intégrer les supports de cours.
Désormais, on peut faire ses devoirs avec Teams, effectuer des exercices... L’IA est aussi utilisée, par exemple pour les cours de langue étrangère : une phrase va être donnée à lire aux élèves, et Teams
va permettre de détecter les mots qui sont difficiles à prononcer, puis envoyer à l’enseignante une liste des difficultés les plus courantes. Je ne suis toutefois pas sûr que ce soit l’une des fonctionnalités les
plus utilisées, contrairement à la fonction de gestion des devoirs, qui permet aux élèves de se tester et représente un outil complémentaire à l’évaluation des profs.
Pour les écoles, Microsoft propose une licence de base gratuite mais son avantage principal est ailleurs : s’il fallait prendre en charge nous-
mêmes l’hébergement, l’administration, les mises à jour et la sécurité des différents serveurs, tant au niveau applicatif (mail, Jitsi, Moodle, etc.) qu’au niveau du hardware, et tout ça pour les milliers d’utilisateurices de l’école, ça demanderait au moins un temps plein supplémentaire.
Sur le principe, je préférerais mille fois utiliser Moodle ou une autre solution libre, que l’on pourrait d’ailleurs modifier selon nos besoins, mais le problème c’est que l’on n’a pas assez de personnel pour ça.
Rendre captif à long terme
Microsoft oriente de plus en plus son activité vers les services, et cherche à mettre en avant sa plateforme de cloud
Cloud
On parle de « cloud » ou de « nuage » (en français), pour désigner une infrastructure logicielle ou de stockage hébergée ailleurs sur l’internet. Loin de l’imaginaire immatériel que le terme – et souvent les visuels utilisés – illustrent, ces services nécessitent des machines performantes et polluantes, hébergées dans des datacenters. On entend parfois que le cloud est « l’ordinateur de quelqu’un d’autre », cette expression souligne que les données qui y sont enregistrées se trouvent sur une machine appartenant à une autre personne, association ou entreprise.
, Azure, qui devient sa rentrée d’argent principale à la place des licences Windows
Systèmes d’exploitation
Système d’exploitation
systèmes d’exploitation
système d’exploitation
Operating System
iOS
Android
Windows
Linux
macOS
Un système d’exploitation consiste en un logiciel qui permet à une machine d’exécuter d’autres logiciels. Windows, macOS ou Linux sont des systèmes d’exploitation pour les ordinateurs. iOS et Android sont des systèmes d’exploitation utilisés par les smartphones.
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L’autre but, c’est d’apprendre aux gens à utiliser leurs logiciels : une fois qu’une personne est « cap-
tifve » d’un environnement, peu importe lequel, elle est naturellement encline à y rester. Et cela influence ensuite le choix de l’environnement en entreprise, car une personne qui est déjà familiarisée avec une plateforme est efficace immédiatement et
cela permet donc d’économiser du temps de formation à l’entreprise. C’est aussi pour ça que Photoshop, le gros logiciel de retouche d’image, était si facile à pirater : Adobe s’en fichait que des particulieres le téléchargent, car finalement, ces gens se retrouvaient formés, et cela permettait à leur produit d’accéder aux entreprises par la petite porte.
À propos de la concurrence
Je sais que Google a aussi des suites qui sont dédiées à l’éducation mais ça fonctionne beaucoup moins bien que Microsoft, qui, pour moi, est vraiment le leader absolu en termes de solutions gratuites pour les écoles.
Cela dit, il y a d’énormes inégalités entre les établissements : certaines écoles ont le personnel suffisant pour mettre en place leurs propres services et ainsi, par exemple, utiliser une version de Moodle personnalisée. Il peut même arriver qu’une solution développée au sein d’une école qui a les moyens soit vendue ensuite à d’autres écoles.
Il n’y a pas de partage, ce qui est un peu absurde, car c’est, finalement, la même FWB qui finance le tout...