Pour l’année 2022, 68 % du cobalt et 43 % du tantale, deux minerais essentiels à la fabrication des batteries et d’éléments électroniques provenaient de la RDC. L’est du pays concentre l’essentiel des mines. Souterraines ou ouvertes, certaines sont exploitées à l’aide d’engins [1], d’autres comme les « mines artisanales » le sont à la seule force des bras. Ces mines « informelles » ou « artisanales » produisent au moins 20 % des matières exportées. Les creuseureuses – dont certaines sont encore des enfants – sont exposées à de nombreux dangers : poussières, éboulements, gaz.
Des territoires entiers sont contaminés par l’activité minière, intrinsèquement polluante. Leur développement exacerbe aussi les tensions autour de la répartition des terres et de son usage. En 2021, une centaine de groupes armés aux motivations diverses a été dénombrée dans l’est du pays. Les mines artisanales, comme le reste des ressources, participent au financement des groupes armés.
Des législations étatsuniennes et européennes ont mené à la mise en place d’outils de traçabilité des minerais issus de zones de conflits. Mais l’efficacité, tout comme la pertinence, de ces mesures a été contestée par plusieurs ONG locales et étrangères. Elles critiquent les conditions de certification aisément falsifiables tout comme les incidences négatives sur l’économie locale. Si la traçabilité n’a pas conduit à une amélioration des conditions de vie des populations, elle a surtout permis aux acteurs du secteur de l’électronique de blanchir leur image en se dédouanant des violences et destructions dont elles tirent bénéfice.
L’économie congolaise repose sur la rente minière, le secteur représente 95 % des recettes d’exportation. Cependant, la corruption généralisée, l’opacité des contrats miniers ainsi que la faiblesse de l’État et de ses institutions (armée, fiscalité, justice, éducation, santé) privent la population congolaise des bénéfices de cette manne.
Pour rappel, les éléments du tableau de Mendeleïev nécessaires à la fabrication, par exemple, d’un téléphone sont au moins au nombre de quarante [2]. Parmi ceux-ci, retenons :
- La cassitérite fournit l’étain nécessaire aux soudures des circuits électroniques
- Le zinc, dont le Congo produit plusieurs milliers de tonnes par an fournit
de nombreux sous-produits indispensables :
- L’indium qui, couplé à l’étain, sert aux écrans LCD, à les rendre tactiles et aussi à différentes nanotechnologies.
- Le germanium, utilisé pour les fibres optiques, les panneaux photovoltaïques, les transistors… - Le tungstène, utilisé pour les sonneries et vibreurs. Il se trouve en grande quantité dans la wolframite.
- L’or et le cuivre, présents dans les circuits imprimés, que l’on trouve aussi dans le Nord-Est congolais.
- Le coltan (colombite-tantalite) fournit le niobium et le tantale pour les condensateurs utilisés dans toute sorte d’équipements électroniques. Le tantale est aussi utilisé par exemple dans la mémoire des ordinateurs, car c’est un excellent conducteur.
- Le cobalt, lui, sert aux batteries lithium-ion des appareils électroniques et véhicules électriques. Les batteries utilisent aussi du manganèse.
- L’argent est aussi utilisé dans les composants électroniques, l’aéronautique, l’industrie de la photographie imprimée. On retrouve également du plomb dans nos ordinateurs et du diamant pour stocker les données des ordinateurs quantiques.
